Sébastien OSSWALD, Exposition du 23 avril 2016 au 8 juin 2016

D’abord, on voit des images pixellisées. Les  « people », icônes de notre époque, côtoient sans hiérarchie les selfies d’anonymes.

Puis, en s’approchant, on s’intéresse à la matière, et surtout à la peinture car, au fond, il ne s’agit que de cela. Un dialogue complexe et mystérieux s’est instauré entre le support (souvent des tissus à carreaux) et la peinture, si bien qu’il devient difficile de discerner l’un de l’autre. On prend la mesure d’un travail de fourmi, processus de création extrêmement lent. La peinture participe au motif, le motif devient peinture, et l’œil effectue des  va-et-vient entre cette peinture presque abstraite et l’image hyperréaliste qui s’en dégage, une fois qu’on a trouvé la bonne distance.

Sébastien Osswald représente essentiellement des personnes, au gré de ses tranches de vies passées à l’étranger. Visages de Madagascar, les premières années, parfois représentés sur des nattes en roseaux ou en bambous, visage du monde et particulièrement de Chine, plus récemment, qui donnent à saisir, par la lucarne qui nous est proposée, un peu des enjeux de la révolution numérique sur nos us et coutumes...Et l’on retrouve dans sa peinture les héritages d’un David Hockney, d’un Gerhardt Richter, Ding Yi ou encore d’un Chuck Close.

Dans ses dernières œuvres, on est amené à deviner de quoi sera faite sa peinture de demain : la foule y est présente, certains paysages urbains, à la fois banals et exotiques, et dont l’esthétique est bien éloignée de celle des cartes postales... Quelques mois après son retour de Chine, la galerie Omnibus donne à voir un état des lieux de ses bientôt 10 années de carrière artistiques et laisse deviner les directions nouvelles qu’il semble vouloir emprunter, aujourd’hui.

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