Jean Luc GANTNER. Exposition du 10 juin 2016 au 6 août 2016

Etude conceptuelle et ludique sur l’identité des formes ; ou l’idée d’un jeu expérimental pour explorer le principe de création par le moyen d’une anthropologie de la forme…

C’est un travail à propos des « préjugés » et des « a priori » sur la forme.

Les problèmes de constructions mentales qui supervisent notre idée de la forme (forcément un vaste chantier philosophique…) Une réflexion continue concernant l’identité des choses et du monde qui nous entoure. L’identité en général et nos propres illusions la concernant. Une réflexion à propos de cette idée fausse de croire qu’une identité serait une et unique ; indivisible ; essentiellement cela plutôt qu’autre chose… alors que la matière est douée d’un instinct ou d’une physiologie profondément polymorphe pour garantir sa pérennité dans un environnement chaotique et susceptible de tous les bouleversements. À partir de la recomposition et de la reconfiguration d’une simple chose, d’un simple objet… mille nouveaux mondes sont possibles qui attendent seulement la bonne conjonction pour s’imposer à notre réalité. « On doit apprendre les objets, dit J.-P. Sartre. C’est à dire multiplier sur eux les points de vue possibles. L’objet lui-même est la synthèse de toutes ces apparitions ». Voilà le thème, l’essence, la démarche de cette proposition artistique, mise en scène sous la forme d’une exposition d’arts graphiques ludique. Un jeu d’esprit, un jeu de lignes et de couleurs commutables quasiment à l’infini. Des « photomontages », dont l’apparence tient plus du dessin digital. Le résultat d’un principe d’objets trouvés sur « la toile », nettoyés, repixellisés, puis proposés au spectateur soit comme simples « ready made », soit recombinés ou recontextualisés. Une petite heuristique joyeuse ou pathétique des objets de toutes sortes, qui défilent chaque jour sur nos écrans standardisés. Ce genre de récréation intellectuelle, où spontanément, je veux dire sans aucune intention préalable, un juste-au-corps féminin se fait fleurs, et un levier de frein d’une grande marque™ d’origine japonaise sert de base à tout un bestiaire cycliste absurde et fantastique.

Un univers formel où la poésie réussit encore à percer à travers la substance clinique et inquiétante subordonnée à la machine de production en série. La possibilité d’une poésie malgré tout. La poésie malgré l’outil, ou au-delà de l’outil… Oui, peu importe l’outil pourvu que l’art et la poésie l’emportent à la fin.

JL Gantner, mai 2016

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