Jacques VERDIER / Ilhem ELLOUZE : expo 20 avril au 31 mai 2013

Jacques VERDIER veut un texte simple, il dit aimer les choses simples alors que rien n'est plus paradoxal que ses papiers découpés, déchirés qu'il utilise dans la grande tradition des affichistes comme du pigment, il peint, il dessine avec, il a déjà du être dit maintes fois qu'il n'a pas du sang sur les mains mais du papier, pour des raisons familiales et sans doute aussi pour des questions des formes héritées de la modernité, laquelle est pour l'artiste largement incertaine, sa prétendue fin comme sa continuité supposée. Le paradoxe n'est pas temporel, il ne relève pas non plus simplement de l'histoire culturelle, il réside dans le mélange étrange entre gestualité d'un travail qui vient d'une certaine tradition de l'expressionisme abstrait mais également d'une capacité à savoir arrêter le geste. Son geste tombe où il veut et ce n'est pas la moindre des surprises de voir à travers ses structures blanches une ponctuation assez mallarméenne du hasard. Il le suit et ne lui laisse que la possibilité d'être rectifié, corrigé, par un autre collage, par un peu de peinture, il n 'ensort que plus adapté aux situations que Jacques Verdier admet dans son système.

Le travail d'Ilhem Ellouze a pour thématique la foule et la circulation. Il se présente comme une accumulation de signes qui saturent l'espace. Ceux -ci sont de formes modulaires qui se répètent. Ces modules sont eux-mêmes des archétypes: ils symbolisent en la simplifiant et la schématisant la forme humaine, ils renvoient à l' homme .Le travail d' Ilhem représente donc une tentative pour mettre en tension l' infiniment singulier ( l 'humain, la forme modulaire) et le général, l'anonyme (la foule, la répétition, l' accumulation). Il correspond à une sorte de dramaturgie de la solitude, mais aussi à l 'affirmation de la pérennité de la conscience luttant pour sa sauvegarde.

Diaporama de l'exposition :